lundi 31 mai 2010

Songe d'insomnie








4h14 du matin les yeux qui collent. La chaleur m’empêche de dormir. Mes pensées sont poisseuses.
Quelles solutions y a-t-il ?
Comment trouver le sommeil ou comment s’extirper de cette torpeur de lobotomisé ?
Lire ou écumer le net sont impossibles avec des yeux d’esquimaux.
La musique, écoutons de la musique. J’enchaîne Bang Bang chanté en italien par Dalida avec I Do de Puggy mais je sens bien que ce n’est pas ce qu’il me faut.
Selon notre état d’esprit il y a les bons ou les mauvais morceaux. Je ne suis pas triste, cinglé ou suicidaire, Dalida ça le fait pas. J’ai pas la pêche, je suis aussi dynamique qu’un gastéropode unijambiste, en bref j’ai envie de répondre « I Don’t » à Puggy qui s’excite.
J’essaie Hot Chip, In Flames, Michel Portal, Bach, des chants grégoriens.
Echecs monumentaux.
Et puis je réalise.
Ce qu’il me faut c’est Jimi. Oh Yeah.
C’était tellement ça. Les doigts s’agitent sur la guitare et mon esprit s’apaise. Je laisse des images se former dans mon esprit et je vois une étendue d’eau très calme, une mer d’huile qui s’étend à perte de vue. Mes yeux se ferment enfin complètement et une dernière pensée me touche avant de sombrer dans le lac :
“Let’s go for the trip with the wizard of electric guitar. Let’s sleep with Jimi Hendrix.”

lundi 24 mai 2010

Corbeaux





À Auschwitz le ciel est encombré de nuages. Le soleil aurait-il d’ailleurs le droit d’y briller ?


Le ciel est gris et il y a un corbeau sur les lignes à haute tension.


Lorsque j’ai vu Hiroshima, le ciel était d’un bleu pur et le soleil brûlant, d’une ardeur presque blessante. J’y ai vu le dôme de la bombe A.


Je n’ai pas vu de corbeaux mais je sais qu’il y en avait.


Des corbeaux, il y en a partout.


Il y en a à Sobibor, à Dachau, dans l’ancien camp S-21, dans les goulags russes, dans les prisons iraniennes, en Algérie, en Argentine, au Chili, dans la forêt de Katyn, près des lacs rwandais, partout. Les corbeaux, il y en a dans les regards, dans les cœurs et dans les âmes. Il y en a dans les villes, dans les maisons, dans les appartements. Il y en a qui portent des costumes et des attachés-case. Partout des corbeaux, partout. Peut être que nous aussi, nous faisons partie de ces nuées d’oiseaux macabres, indolents témoins de massacres que nous ne comprenons pas et dont nous ne retenons que des chiffres. Et si nous sommes des corbeaux, y a-t-il encore des humains ?

mardi 11 mai 2010